Avant, le Mois de l’histoire des Noirs était en fait la Semaine des Noirs, et ce, jusqu’en 1976. Il doit sa création au Dr Carter G. Woodson, fils d’esclaves, historien renommé et aussi appelé le père fondateur de l’histoire afro-américaine. Monsieur Woodson a été le second noir à avoir obtenu un doctorat de la prestigieuse université de Harvard et à consacrer sa carrière à l’étude de l’histoire des noirs aux États-Unis afin de rendre la communauté afro-américaine visible et respectée. De plus, le mois de février a été choisi afin de rendre hommage à deux abolitionnistes américains historiques de l’esclavage soit, Frederick Douglas et le président Abraham Lincoln tous deux nés durant ce mois. Le Mois de l’histoire des Noirs est célébré à la fois en Amérique du Nord ainsi qu’en Afrique, dans les Caraïbes, en Amérique Centrale, en Amérique du Sud et en France.

 

Ce mois vise à mettre en lumière la lutte contre le racisme, les violences et les injustices commises envers toutes les minorités ethniques et culturelles qui sont malheureusement toujours présents, ainsi qu’à célébrer la diversité. En cette année 2018, c’est la 27e édition au Québec du Mois de l’histoire des Noirs et le thème pour cette année est : « Notre histoire s’écrit chaque jour ! ». Le porte-parole de cette édition, Karim Ouellet auteur-compositeur-interprète québécois d’origine sénégalaise, envoie le message de prôner l’éducation de la vraie histoire du Québec qui met en lumière l’existence des noirs en tant qu’homme libre dès les débuts de son existence. En effet, Mathieu da Costa a laissé sa marque dans l’histoire du Canada. Il est le premier homme noir et libre à mettre les pieds au Canada. Il était l’interprète d’explorateur et de commerçant ainsi donc, il a été l’interprète de Samuel de Champlain qui a mis les pieds et fondé la ville de Québec durant le début des années 1600. De plus, le porte-parole de la campagne Karim Ouellet en profite pour nous encourager à la discussion dans le respect, la patience et l’ouverture afin de mieux se comprendre entre cultures et d’enrayer le racisme qu’il dit présent encore partout dans le monde. En ce sens, on vous invite à profiter de ce mois pour vous ouvrir davantage sans jugement et dans le respect, à d’autres cultures et réalités qui nous différencient les uns des autres.

 

En tant qu’organisme féministe, on ne peut parler du Mois de l’histoire des Noirs sans parler du mouvement « black féminism ». Un groupe de femmes qui s’est mobilisé dans les années 1960-1970 aux États-Unis, afin de mettre en lumière l’existence d’enjeux spécifiques aux femmes noires, mais aussi en ce qui a trait à la discrimination faite selon le genre et selon l’orientation sexuelle. En effet, le fait d’avoir la peau d’une autre couleur que blanche, d’être d’une autre culture que québécoise, d’être une femme, d’être lesbienne amènent des enjeux importants et à vivre de la discrimination liée à l’accès à un emploi, aux logements, aux services de santé adéquats, à l’équité salariale, à vivre davantage de violence, etc., que d’autres groupes sociaux ne vivront pas. C’est important d’en être conscient et de reconnaître les efforts de groupes sociaux historiques tels que le « black féminism » pour enrayer cette discrimination intersectionnelle. Il est d’autant plus important de prendre conscience du pouvoir d’action que nous avons en tant que citoyens pour dénoncer ces discriminations lorsque nous en sommes témoins et du pouvoir de mobilisation que nous avons tous en tant que société contre ces injustices.

 

Andrée

Stagiaire au CALACS

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