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Chaque année, nous célébrons, en février, le mois de l’histoire des noirs. Une occasion, comme dirait Gerald Ford, « d’honorer les accomplissements, trop souvent négligés, des américains noirs dans notre histoire ». En 1926, le Negro History Week prend forme, soulignant les 60 ans de l’abolition de l’esclavage. En 1976, grâce au mouvement des droits civils et du président Ford, cette semaine devenue un mois, est officiellement reconnu. De plus, il y a 100 ans de cela, soit en 1920, le 19e amendement entrait en vigueur aux États-Unis, accordant ainsi aux femmes le droit de voter. C’est pourquoi il nous semblait essentiel de parler d’un mouvement qui a supporté toutes ces causes et qui a mené à des changements sociaux importants, le Black feminism. Ce mouvement a évolué à travers les années, nous allons donc parler de trois différences majeures selon les décennies.

Le black feminism tient ses racines de deux combats sociaux très importants dans les années 60 et 70, soit les mouvements sociaux visant à dénoncer le racisme et le sexisme. Les femmes de la communauté afro-américaine de cette époque exprimaient que la représentation de leur statut non seulement de femmes, mais également de femmes noires, était inadéquate. En effet, le mouvement antiraciste dénonçait la réalité déplorable des hommes afro-américains, et les mouvements féministes ne mettaient de l’avant que des enjeux concernant principalement les femmes blanches. C’est donc suite à cette sous-représentation que survient la première vague du black feminism.

La seconde vague de ce mouvement arrive dans les années 90 et met à jour un concept-clé qui permet de parler de la réalité de ces femmes : l’« intersectionnalité ». C’est Kimberlé Williams Crenshaw, féministe et professeure universitaire, qui introduit pour la première fois ce concept mettant en lumière les différentes dimensions sur lesquelles il est possible de discriminer un individu. Ainsi, selon cette deuxième vague du black feminism, les femmes noires sont discriminées non seulement par rapport à leur statut de femmes, mais elles sont d’autant plus vulnérables en raison de leur identité culturelle. Le racisme et le sexisme ne sont donc plus deux combats distincts – avec le black feminism, ils se rassemblent sous une même bannière.

Aujourd’hui, en 2020, le mouvement black feminism est toujours bien vivant; quelles sont donc ses revendications? Depuis le début des années 2020, les féministes afro-américaines dénoncent, entre autres, l’appropriation culturelle de certains attributs physiques ou vestimentaires propres à leur culture. Par exemple, lorsqu’un femme blanche porte l’afro, on la dit « tendance », alors que, dans la même situation, la femme noire portant l’afro est perçue comme « négligée » ou « ghetto ». Cette appropriation culturelle, de même que le double standard, sont au cœur des revendications faites par les féministes afro-américaines d’aujourd’hui. Le thème de cette année pour le mois de l’histoire des noirs prend donc d’autant plus de sens : « Guidés par le passé, marchons vers l’avenir. ».

Pascale Corriveau-Leduc et Pénélope Aubé, stagiaires

 

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