Le CALACS Châteauguay adhère à la déclaration de principes du Regroupement québécois des CALACS. Dans ce sens, il soutient que la violence sexuelle constitue un moyen de contrôle pour diriger la vie des femmes et les maintenir dans la peur et dans une position de soumission devant le pouvoir patriarcal. Les agressions à caractère sexuel sont des actes de domination, d’humiliation, de violence et d’abus de pouvoir, principalement commis par des hommes envers les femmes, les adolescentes et les enfants dans le but de les maintenir dans des rapports de force inégaux. Le CALACS dénonce la violence sexuelle sous toutes ses formes.

La violence sexuelle est un problème social et non un problème individuel. Elle n’est, dans aucun cas, la responsabilité des femmes, des adolescentes et des enfants qui la subissent. Le manque d’information objective et complète de même que l’incompréhension de la problématique permettent aux mythes et préjugés non seulement de persister, mais aussi de se multiplier. Conséquemment, les moyens pour y mettre fin doivent provenir de la société et de ses différentes instances politiques, sociales, publiques, économiques et juridiques.

À la lumière de ces constats, le choix d’intervenir/agir/travailler dans une perspective féministe a été fait. Les actions privilégiées, axées sur le changement social, visent à faire prendre conscience des attitudes, des préjugés et des valeurs sexistes ainsi que des effets négatifs de la socialisation stéréotypée, voire victimisante des femmes.

L’intervention auprès des femmes agressées sexuellement est empreinte, par cohérence, d’une perspective féministe. L’intervention féministe, approche préconisée au CALACS, s’applique tant dans la relation d’aide individuelle que de groupe. « Les buts poursuivis sont essentiellement d’aider les femmes agressées sexuellement à identifier leurs besoins, réaliser leurs objectifs personnels et sociaux, trouver des moyens concrets afin de soulager leurs souffrances, de surmonter les conséquences de leur agression, de se sentir mieux avec elles-mêmes, les autres et en société et enfin, de reprendre du pouvoir sur leur vie (Base d’unité RQCALACS, Vandal, 1997a : 31).

Le CALACS joue également un rôle d’accompagnement socio-légal qui peut, selon les besoins de la femme, se circonscrire à offrir de l’information pertinente sur les droits et les recours disponibles. Le CALACS peut également offrir du soutien aux femmes qui décident d’entamer une démarche judiciaire.

Parce que le CALACS remet en question le pouvoir patriarcal et hiérarchique, il a choisi un mode de fonctionnement sans hiérarchie s’éloignant du modèle traditionnel de gestion. Le fonctionnement en Collective vise la prise de décision par consensus, un partage équitable au niveau des tâches, des responsabilités, de l’information et du pouvoir entre les travailleuses elles-mêmes et entre les travailleuses et les membres de la Collective. Le CALACS reconnaît également que le processus est aussi important que le résultat.

Dans le but d’éliminer les agressions à caractère sexuel, le CALACS croit fermement que des activités de prévention et d’éducation doivent être offertes à la population de même que des luttes doivent être menées afin de changer les mentalités, et ce, en complémentarité des services d’aide aux femmes agressées sexuellement.

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