Note de Carole : Pour les mêmes raisons que pour les textes sur l’expérience de stage de Myriam et de Sophie, je n’ai pas été en mesure de publier ce très bon texte de Sophie. Malgré les mois passés, il est toujours très d’actualités. Nous n’avons qu’à penser à l’affaire Gomeshi.
En l’espace de quelques semaines, l’université d’Ottawa s’est retrouvée au cœur de pas un, mais deux scandales de nature sexuelle. Laissez-moi vous résumer ce qui cause actuellement la controverse sur le campus.
Le premier scandale s’est déroulé sur le web, via une conversation facebook. Rien de bien grave dirons certains. Pourtant, le contenu de cette conversation nous rappelle à quel point la culture du viol est bien présente dans nos sociétés et même au sein de nos futurs leader car, effectivement, les personnes impliquées étaient des jeunes hommes, des vice-présidents d’associations étudiantes. Les propos qu’ils ont tenus à l’endroit d’une de leur collègue, la présidente de la fédération étudiante de l’université, sont à nous faire bondir de nos chaises.
« La présidente trifluvienne, elle va me sucer sur sa chaise et je vais la fourrer dans le brun »
« Quelqu’un doit la punir avec sa queue »
« Si tu la fourres, je te paye une bière »
Le tout entrecoupé de LOL! et de HAHAHAH, Ouain. Méchants leader. La présidente a été troublée lorsqu’elle a lu les propos de ses confrères, elle s’est même sentie nauséeuse. Son constat : une culture du viol est bien présente à l’université d’Ottawa. La jeune femme ne se doutait certainement pas qu’un autre scandale était sur le point d’éclater dans l’université de la capitale fédérale.
Le deuxième scandale ayant frappé l’université implique une équipe de hockey, les Gees-Gees, une équipe regroupant, encore une fois, des garçons de bonne famille qui travaillent ben ben fort. Cependant, entre 7 et 8 joueurs ont eu l’idée d’agresser sexuellement, collectivement, une étudiante du campus qui connaissait l`un des membres de l’équipe. Malgré le fait que la victime n’ait pas dénoncé ses agresseurs, l’histoire s’est ébruitée et est venue aux oreilles du coaching staff. Ils ont donc décidé de régler ça entre hommes, c’est-à-dire que les membres de l’équipe impliqués devraient effectuer des travaux communautaires et participer à des ateliers de sensibilisation aux conséquences de la consommation abusive d’alcool. Je tiens à rappeler que les joueurs impliqués sont jeunes hommes dans la mi-vingtaine, me semble que rendu à cet âge-là, tu le sais ce que ça fait boire de l’alcool de manière excessive et tu le sais encore plus que ça te donnera JAMAIS une raison pour abuser d’une femme. Mais bon, les coach ont voulu se donner bonne conscience… Ce qu’il faut aussi savoir, c’est que l’équipe était en pleine séries éliminatoires lorsque le scandale a éclaté. C’est donc dire que les playoff passaient avant la dénonciation d’un viol collectif à l’endroit d’une étudiante. Troublant.
Une amie de la victime, qui avait été informée de l’agression sexuelle de cette dernière, a décidé de dénoncer le tout à la police, ne pouvant accepter que l’équipe s`en tire sans conséquence et que l’on prenne à la légère un cas de viol collectif sur le campus. La police et l’université ont donc été avisées. La réaction de l’université a été vive. Suspension de programme de hockey, annulation du recrutement des joueurs et suspension des coach… avec salaire! Les dirigeants de l’université ont condamné les gestes et avancent qu’ils feront tout pour contrer la culture du viol présente sur le campus. Entre temps, les joueurs tentent de discréditer la victime, en invoquant leur droit à l’innocence jusqu’ à preuve du contraire et en allant jusqu’à dire que la victime aurait souhaité l’agression.
Ces agressions sexuelles survenues à l’université d’Ottawa nous rappellent à quel point la culture du viol est omniprésente, sournoise et ô combien dommageable pour les femmes, nous réduisant encore une fois à un morceau de viande pour ces messieurs à la recherche de pouvoir, de femmes à écraser. Toutefois, ce qui est encourageant, c’est que des femmes ont dénoncé l’inacceptable. Restera à voir si les mesures annoncées par l’université pour contrer la culture du viol seront efficaces. Néanmoins, ces évènements viennent entacher la réputation de l’université. Je trouve d’ailleurs difficile d’expliquer le comportement de la moitié de l’équipe d’hockey, le laxisme des entraineurs, l’arrogance et le mépris des vice-présidents d’associations étudiantes à l’endroit de leur consœur, bref je ne comprends pas que tout ce beau monde, supposément ben ben instruits, agissent de la sorte avec des femmes. La preuve que l’éducation supérieure n’est pas garante d’une conduite exemplaire et qu’il y a encore BEAUCOUP de place pour de la sensibilisation, même à l’université.
Je persiste et signe, vous remarquerez autour de vous, la culture du viol est bien présente et nous devrons toutes nous lever et agir en vraies leader, c’est-à-dire de continuer de se battre pour un monde plus égalitaire.

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